1. En quoi installer des réseaux télécom au Cambodge peut-il être considéré comme une action humanitaire ? Avant de créer l’association, nous avons fait le tour de diverses ONG recueillant des enfants des rues des pays en développement : Calcutta, Haïti… Les ONG arrivent à assurer à ces enfants les besoins fondamentaux : nourriture, santé, sécurité et le plus difficile l’éducation. Mais lorsque devenus de jeunes adultes, ils quittent l’association avec ou sans diplôme classique, ils n’ont pas de formation professionnelle et ont donc du mal à trouver un emploi. Le point noir est vraiment la formation professionnelle. De plus, la situation de l’éducation dans ces régions est mauvaise dans les villes et souvent catastrophique dans les provinces, notre mission s’est donc révélée évidente : faciliter une formation professionnelle. Ainsi nous installons un réseau privé éducatif de télécommunication pour améliorer l’éducation des enfants. 2. Quelle est la situation de l’éducation au Cambodge ?En France le budget de l’Education Nationale est environ de : 4500€ par enfant et par an. Il est de moins de 50€ au Cambodge. Sachant que la différence de niveau de vie est environ de 1 pour 3 (on vit au Cambodge avec 500€ comme on vit en France avec 1500€), on mesure facilement l’ampleur du problème. Le taux de scolarisation passe de 80% à l'école primaire à 20% dans le secondaire et seulement 2% dans l'enseignement supérieur. Le ratio professeur élèves est de 1 pour 55 dans les écoles primaires, mais le chiffre s’élève parfois à 1 pour 95 dans les provinces. Sur les 698 écoles secondaires, seules 13% sont connectées à l'électricité, 8% ont des générateurs et 4% ont des panneaux solaires. 75% n'ont pas de source d’énergie du tout. 3. Y a-t-il d’autres ONG ayant la même mission ?Pas à notre connaissance. Bien que certaines ONG développent des solutions télécom pour raccorder des sites reculés, aucune n’a de stratégie globale c'est-à-dire qui allient la création de contenu de cours sur une bibliothèque multimédia avec la mise en réseau de sites scolaires. Nous sommes les seuls à créer des contenus de cours pour pallier au manque de qualification des professeurs locaux. 4. Qu’es-ce que le projet Net Added ?Le projet NetAdded est un programme de la Commission européenne sur 2 ans destiné à valider l’utilité des technologies hybrides (satellite + Wimax) dans les zones reculées. Ce programme s’est terminé avec succès en juin 2009. 5. Quelles sont les associations partenaires ?Au Cambodge : Le CIST (Centre for Information Systems Training) vise à combler le fossé numérique au Cambodge à travers la création d'un centre de formation informatique: • permettant, chaque année, à un grand nombre d'étudiants défavorisés d'obtenir un emploi qualifié. • correspondant aux besoins du marché local et à la forte croissance du secteur industriel. Connected Schools forme gratuitement les élèves issus de la formation informatique aux technologies des télécommunications. Les missions étrangères de Paris ont pour mission de former les prêtres de l’Extrême-Orient. Au Cambodge, ils ont créé le lycée professionnel d’agriculture Saint François et l’institut supérieur d’agriculture Saint Paul dans la province de Takeo. Nous avons raccordé les 2 instituts au sein de notre réseau afin de les relier à haut débit à l’Université Royale d’Agriculture de Phnom Penh et leur permettre ainsi d’assister à des cours ou conférences à distance. L’association Don Bosco Children Fund a pour mission de former les orphelins et les jeunes défavorisés dans des domaines qu'ils peuvent utiliser pour obtenir un emploi et surmonter le cercle de la pauvreté. Implantés et reconnus partout dans le monde, ils sont présents à Phnom Penh. Leurs professeurs enregistrent pour notre bibliothèque multimédia des cours en mécanique automobile, en électricité et informatique. L’association Taramana parraine des enfants d’un bidonville de Phnom Penh au Cambodge, et améliore leur environnement médico-social. Nous les avons reliés dans notre réseau, leur apportant ainsi l’accès à internet, à des cours d’anglais et d’informatique. En France : L’association Loire Cambodge nous a gracieusement donné des CD-Rom contenant des manuels pédagogiques pour les niveaux : seconde première terminale en mathématiques, physique, chimie, biologie, géographie et géologie. 6. Comment sont répartis les fonds ?A l’heure où la plupart des ONG dépensent en moyenne 30% de leur budget en frais de fonctionnement et en frais de collectes, nous n’avons aucun frais administratif en France. Tous les acteurs de l’association sont bénévoles. Notre budget est donc entièrement utilisé au Cambodge. 7. D’où proviennent les financements ?Le consortium européen Net Added a financé l’installation de notre réseau au Cambodge. Le matériel nécessaire au laboratoire de notre formation télécom a été gracieusement donné par Motorola, Freescale et Anite. Le reste des frais (indemnités des volontaires etc., cf. tableau ci-dessus) est financé par un petit nombre de donateurs. 8. Les antennes et réseaux installés sont-ils utilisés à d’autres fins que l’éducation ?Non, ce réseau est un réseau éducatif privé, sa vocation est exclusivement éducative. Nous n’excluons pas, à l’avenir, l’ouverture de notre réseau à la télémédecine. Formation télécom
9. Qui a accès à la formation? A quel niveau d’étude y ont-ils accès ? Notre formation n'est pas destinée à l'élite!! (cf. 2% d'élèves atteignent l'enseignement supérieur). Les jeunes ayant accès à la formation télécom sont des jeunes issus de milieux défavorisés sélectionnés par l’association CIST après leur baccalauréat, et selon des critères sociaux fiables . Cette ONG leur permet d’obtenir un BTS informatique. A l’issu de ce BTS, nous leur offrons l’opportunité d’une année de formation spécifique aux télécommunications. 10. Combien la formation coûte-elle aux étudiants ?La formation est gratuite pour les jeunes du CIST. Elle est en revanche payante pour les employés des opérateurs télécom. 11. Cette formation de technicien en télécommunication est-elle reconnue au Cambodge?La formation a été crée pour le Cambodge en interaction avec les opérateurs télécoms. Elle est donc reconnue par les principaux intéressés. Elle n’a pas encore été validée par le ministère de la formation continue : « Ministry of Labour and Vocational Training » au Cambodge. 12. Ces élèves seront-ils capables de prendre le relais du projet ? Souhaitent-ils s’investir pour étendre le projet à d’autres villes ?Notre objectif est effectivement qu’à terme ces jeunes techniciens khmers ainsi formés soient capables de maintenir et d’étendre le réseau à d’autres villes. Nombre d’entre eux sont en effet sensibles à l’aide que nous leur apportons et souhaitent permettre à plus d’enfants d’avoir accès au réseau Connected Schools et à sa bibliothèque de cours. 13. Sur combien de temps se déroule la formation ? Les 230 heures de formation sont étalées sur 7mois à raison de 3 soirs par semaine. 14. Qui sont les professeurs assurant la formation télécom ? Comment sont-ils sélectionnés ?Les professeurs sont de jeunes ingénieurs français sélectionnés sur leurs compétences techniques et humaines. Bibliothèque multimédia15. Parmi les possibilités éducatives qu’offre le réseau, laquelle est la plus utilisée ?Une analyse est en cours auprès des utilisateurs cambodgiens. 16. Quelles sont les matières les plus utilisées ?Pour le moment ce sont les cours et exercices de mathématiques et physique de Loire Cambodge. Les formations professionnelles de Don Bosco ne sont pas encore disponibles sur le réseau. 17. L’intervention de Connected Schools a-t-elle été suivie d’un réel apport dans l’éducation des enfants ? Cet apport est-il mesurable ?
Pour le moment cet apport n’est pas mesurable, il le sera lorsque les jeunes sortiront du système scolaire avec un diplôme (BEP, CAP, bac pro). Notre action est encore trop récente. Les élèves des lycées sont friands des contenus de cours de Loire-Cambodge en particulier des exercices, mais l’impact sur leur niveau scolaire est évidement difficile à mesurer. Par ailleurs l’accès à internet leur ouvre les portes sur le monde extérieur et rompt leur sensation d’isolement, ce qui est une formation en soit. Matériel18. Comment assurer la maintenance du matériel dans le climat difficile du Cambodge?Notre matériel est acheté à Phnom Penh, il peut ainsi être maintenu sur place. De plus, nous achetons du matériel informatique de fournisseurs reconnus : Motorola pour les antennes radio, Assus, msi et Toshiba pour les ordinateurs portables, Sharp pour les panneaux solaires. Par ailleurs l’un des éléments les moins robustes de notre salle informatique est traditionnellement le vidéoprojecteur dont les lampes ont généralement une durée de vie de l’ordre de 3000 heures. Nous avons fait le choix de nouveaux vidéoprojecteurs à LED qui ont le double avantage d’avoir une consommation 5 fois moindre (50 W) et une durée de vie 10 fois supérieure (30 000 h.). Avenir
19. Combien de temps comptez-vous rester au Cambodge ?Nous espérons pouvoir développer le projet nationalement en partenariat avec un opérateur télécom. Nous resterons au minimum jusqu’à ce que le concept soit entièrement validé c'est-à-dire que des promotions entières de techniciens de province aient pu être formées grâce à ses nouvelles méthodes et aient trouvé du travail. 20. Envisager vous d’aller dans d’autres pays ?Oui, si le projet fait ses preuves nous envisagerons de l’appliquer ailleurs que ce soit en Amérique Latine, en Europe Centrale ou en Afrique. 21. De nombreux projets de formation à distance (e- Learning) ont échoué ! Qu’es-ce qui vous fait croire que vous réussirez ?Ceux qui ont échoué se sont concentrés sur l’aspect matériel et non sur la fourniture de contenus éducatifs. Notre approche est plus globale et prend plus de temps à être mise en œuvre mais nous avons l’espoir qu’elle donnera de meilleurs résultats. Nous proposons une palette d’outils : contenu de cours enregistrés, vidéoconférence, accès à internet, mais in fine seules l’adhésion et la motivation des équipes pédagogiques locales feront du projet un réel succès. 22. Les habitants des pays émergents n’ont souvent jamais vu d’ordinateurs, comment leur faire adopter des techniques qui ne pas prouvé en France ?Certes une génération des professeurs n’est pas très ouverte et dépassée par l’informatique (comme d’ailleurs dans nos pays) mais nous nous appuyons sur une nouvelle génération de jeunes professeurs et d’élèves qui est elle très motivée. Ils apprennent vite et surtout comprennent mieux que quiconque le bénéfice qu’ils peuvent tirer des télécommunications pour sortir de la misère. 23. Comment aider l'association?Vous pouvez soit nous rejoindre en devenant bénévole, soit nous faire un don par courrier ou prochainement en ligne. Reportez-vous à la rubrique "Help us". Si nous n'avons pas répondu à toutes vos questions; merci de les adresser à
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